Simplifiez votre compta avec un expert-comptable à vos côtés
Se faire accompagner
🎁 Offre : 2 mois offerts sur votre comptabilité en retard jusqu’au 31/07 ! ⏳ J’en profite
2 mois offerts pour tout paiement annuel ! En profiter
Facturation électronique faites le point avec nos experts avant la réforme ! S'inscrire au webinar

Le Blog de Clementine
Guides, conseils et astuces pour piloter votre activité avec sérénité.
Benjamin Plateau · 11 min · Dernière mise à jour le

Résumé de l’article
Le déficit reportable permet d’imputer une perte fiscale sur les bénéfices d’autres exercices pour réduire l’impôt.
Le report en avant est automatique, avec des règles qui varient selon le régime fiscal de l’entreprise.
Le carry-back permet, sous certaines conditions, de reporter un déficit sur l’exercice précédent et d’obtenir une créance fiscale.
La déclaration et le suivi des déficits nécessitent des formulaires spécifiques et une vigilance à chaque exercice.
Certains événements, comme un changement d’activité, de régime fiscal ou une fusion, peuvent entraîner la perte du droit au report.
Votre entreprise clôture l'exercice en perte : que devient ce déficit sur le plan fiscal ? Un déficit reportable n'est pas une perte définitive. Il permet de réduire votre charge d'imposition sur les exercices suivants, voire de récupérer de l'IS déjà acquitté. Entre report en avant, carry-back et règles spécifiques à chaque régime fiscal, le dispositif mérite d'être maîtrisé.
Qui peut en bénéficier ? Quel plafond s'applique ? Comment déclarer un déficit reportable dans les règles ? Vous découvrirez dans cet article toutes les règles en vigueur en 2026.
Le déficit reportable est un mécanisme fiscal qui permet à une entreprise d'imputer les pertes fiscales d'un exercice déficitaire sur ses résultats d'autres exercices, afin de réduire sa base imposable et, par conséquent, son impôt.
Concrètement, lorsqu'une entreprise dégage un résultat fiscal négatif, ce déficit fiscal ne disparaît pas. Il est constaté au titre de l'exercice clos, inscrit dans la liasse fiscale, puis reporté sur les exercices suivants (report en avant) ou sur l'exercice précédent (report en arrière). Il constitue ainsi une charge déductible future ou passée.
Ce mécanisme s'applique quelle que soit la cause du déficit : phase de démarrage, investissements lourds, baisse d'activité conjoncturelle. Le déficit reportable est un outil fiscal à part entière, encadré par l'article 209 du CGI.
💡 À savoir : déficit fiscal ne signifie pas déficit comptable. Des retraitements extra-comptables (réintégrations, déductions) créent souvent des écarts entre les deux. C'est bien le résultat fiscal, issu de la liasse, qui sert de base au report.
Le mécanisme du déficit reportable s'applique à toutes les entreprises soumises à un régime réel d'imposition, quelle que soit leur forme juridique :
Les sociétés : SA (société anonyme), SAS (société par actions simplifiée), SASU, SARL (société à responsabilité limitée), EURL, SNC (société en nom collectif) ;
Les entreprises individuelles (EI) au régime réel ;
Les loueurs en meublé non professionnels (LMNP).
Les règles d'imputation varient selon le régime fiscal effectivement applicable à chaque structure (impôt sur les sociétés ou impôt sur le revenu). Nous les détaillerons dans les sections suivantes.
💡 À savoir : les micro-entrepreneurs ne peuvent pas bénéficier du déficit reportable. Le régime micro-BIC ou micro-BNC applique un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires et ne génère pas de résultat fiscal réel, ni de déficits fiscaux imputables.
Le report en avant est le mécanisme de droit commun : automatique, sans démarche, et sans limitation de durée pour les sociétés à l'IS. Les règles varient selon le régime fiscal de l'entreprise.
L'article 209 du CGI pose la règle fondamentale : le déficit constaté au titre d'un exercice constitue une charge déductible des bénéfices des exercices suivants, sans limitation de durée. Aucune demande n'est requise. Le report en avant s'applique d'office lors de la déclaration de résultats.
Le report en avant n'est pas illimité en montant. Le plafond d'imputation annuel est fixé à 1 million d’euros majoré de 50 % de la fraction du bénéfice excédant 1 000 000 €.
Cas d’application :
Déficit N-1 à reporter : 2 000 000 €
Bénéfice réalisé au cours de l'exercice : 1 200 000 €
Montant imputable : 1 000 000 + (50 % × 200 000) = 1 100 000 €
Bénéfice soumis au taux normal de l’IS cette année : 1 200 000 - 1 100 000 = 100 000 €
Déficit restant à reporter sur les exercices suivants : 900 000 €
💡 À savoir : la fraction de déficit non imputée n'est pas perdue. Elle est reportée sur les exercices suivants, aux mêmes conditions de plafond, sans limitation de durée.
Les déficits antérieurs s'imputent dans l'ordre chronologique : les plus anciens en premier. Le montant total des déficits reportables est suivi dans la liasse fiscale, au tableau nᵒ 2058-A (régime réel normal) ou nᵒ 2033-B (régime simplifié).
Exception : les sociétés bénéficiant d'abandon de créances dans le cadre d'une procédure de conciliation homologuée ou de sauvegarde voient leur plafond majoré du montant des créances abandonnées.
Pour les entreprises et contribuables relevant de l'impôt sur le revenu, la règle générale varie selon la catégorie de revenus et la nature de l'activité exercée.
Dans tous les cas de report en avant, les déficits non imputés une année se reportent sur les exercices suivants dans la limite de la durée prévue par le régime concerné.
💡 À savoir : le revenu global correspond à l'ensemble des revenus nets du foyer fiscal sur une année : salaires, pensions, revenus fonciers, BIC, BNC, BA, etc. C'est sur ce montant global que l'impôt sur le revenu est calculé. Imputer un déficit professionnel sur le revenu global revient donc à réduire directement la base imposable du foyer.
Le report en avant n'est pas le seul mécanisme disponible. Les sociétés soumises à l'IS peuvent également opter pour le report en arrière, aussi appelé carry-back : une option plus rare, mais stratégiquement intéressante.
Contrairement au report en avant automatique, le carry-back est une option qui doit être expressément formulée. Elle est encadrée par l'article 220 quinquies du CGI. Son périmètre est limité : le déficit de l'exercice ne peut s'imputer que sur le bénéfice de l'exercice précédent (N-1), et son montant est plafonné au moindre des deux valeurs suivantes : le bénéfice de N-1 ou 1 000 000 €.
L'option doit être mentionnée dans la déclaration de résultats. Un formulaire spécifique, le nᵒ 2039-SD, doit être déposé avec le relevé de solde IS. Sans cette mention, le déficit est automatiquement reporté en avant.
La base sur laquelle s'applique le carry-back n'est pas le bénéfice brut de N-1. Elle est diminuée des éléments suivants :
Plus-values à long terme imposées à taux réduit ;
Distributions prélevées sur les bénéfices ;
Bénéfices ayant donné lieu à crédits ou réductions d'impôts (pour les exercices clos à partir du 31 décembre 2021) ;
Bénéfices exonérés (ZRR, FRR, zones franches d'outre-mer, etc.).
L'option pour le report en arrière est impossible au cours de l'exercice où intervient l'un des événements suivants : cession totale des actifs, cessation d'activité, fusion, liquidation judiciaire ou redressement judiciaire.
Pour toute information supplémentaire sur les règles applicables à votre structure, consultez le guide dédié sur le site du service public.
💡 À savoir : en cas de fusion ou d'apport partiel d'actif, l'option reste ouverte pour l'entreprise absorbante ou la société bénéficiaire de l'apport, qui peut reporter le déficit constaté au titre de l'exercice au cours duquel l'opération est intervenue.
Le carry-back génère une créance fiscale sur le Trésor public. La logique est simple : la société a déjà acquitté l'IS sur le bénéfice de N-1. En reportant son déficit en arrière, elle obtient en retour une créance correspondant à l'excédent d'impôt versé.
Cette créance est calculée en appliquant au montant du déficit reporté le taux d'IS effectivement acquitté sur le bénéfice de N-1, conformément à l'article 219 du CGI (taux normal de 25 %, ou 15 % pour les PME éligibles sur la première tranche).
Exemple concret :
Déficit N : 800 000 €
Bénéfice N-1 : 1 000 000 €
Montant reporté en arrière : 800 000 € (inférieur au plafond de 1 000 000 €)
Créance IS à 25 % : 200 000 €
La créance fiscale est non imposable. Elle peut être utilisée pour régler l'IS des 5 exercices suivants. Si elle n'est pas entièrement consommée à l'issue de ce délai, l'entreprise peut en demander le remboursement auprès de l'administration fiscale.
En cas de procédure collective (sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire), le remboursement de la créance peut être demandé à compter de la date du jugement d'ouverture, sans attendre l'expiration du délai de 5 ans.
💡 À savoir : la créance fiscale appartient à la société, pas à ses dirigeants. Le déficit IS ne peut en aucun cas s'imputer sur la déclaration d'impôt sur le revenu personnelle du dirigeant, ni servir à réduire sa charge fiscale personnelle.
Connaître les règles de report ne suffit pas : encore faut-il les déclarer correctement. Chaque régime fiscal dispose de ses propres formulaires, et toute omission peut faire perdre le bénéfice du mécanisme.
Le tableau n°2058-A de la liasse fiscale détermine le résultat fiscal de l'exercice et matérialise le déficit reportable. Le report en avant est appliqué automatiquement.
Pour le carry-back, une démarche supplémentaire est requise : la société doit mentionner l'option dans sa déclaration de résultats et joindre le formulaire nᵒ 2039-SD au relevé de solde IS, dans le délai prévu pour son dépôt. Sans cette mention légale expresse, l'option est réputée non exercée et le déficit repart automatiquement en avant.
Le tableau n°2033-B joue le même rôle que le 2058-A pour les sociétés au régime simplifié. La logique est identique : report en avant automatique, carry-back sur demande via le formulaire nᵒ 2039-SD.
Les contribuables relevant de l'IR déposent une déclaration spécifique selon leur activité :
BIC : déclaration n° 2031
BNC (professions libérales au régime de la déclaration contrôlée) : déclaration n° 2035-SD
BA au régime réel simplifié : déclaration nᵒ 2139-SD/ au régime réel normal : n° 2143-SD
Les déficits constatés font ensuite l’objet d’un report sur la déclaration d'ensemble des revenus n° 2042, qui permet leur imputation sur le revenu global ou leur report selon les règles de chaque catégorie.
L'administration fiscale contrôle la cohérence entre la liasse fiscale et la déclaration IR. Les déficits reportables doivent être suivis et enregistrés exercice après exercice pour ne pas être perdus.
Déclarer un déficit ne suffit pas. Pour en bénéficier pleinement, l'entreprise doit en assurer le suivi rigoureux d'un exercice à l'autre.
Les déficits antérieurs s'imputent dans l'ordre chronologique : les plus anciens en premier. Un déficit oublié dans la liasse d'une année ne disparaît pas automatiquement. Cependant, une erreur de report peut entraîner sa perte définitive si elle n'est pas corrigée à temps.
Les déficits reportables peuvent faire l’objet d’un contrôle de la part de l'administration fiscale. Celle-ci vérifie la cohérence des reports sur plusieurs exercices. En cas d'écart non justifié, c'est le droit au report qui peut être remis en cause.
Ce suivi est d'autant plus critique pour les entreprises qui accumulent des déficits sur plusieurs années : le montant total reportable doit être mis à jour à chaque clôture et figurer dans la liasse fiscale de façon fiable.
Le droit au report de déficit n'est pas acquis définitivement. Certains événements peuvent l'annuler partiellement ou totalement.
Le droit au report des déficits antérieurs est perdu en cas de :
Changement d'activité : une société commerciale qui se transforme en holding pure perd ses déficits antérieurs, faute de continuité d'exploitation ;
Changement de régime fiscal : passage de l'IS à l'IR ou inversement ;
Fusion : la société absorbée perd ses déficits reportables, sauf si un agrément fiscal est accordé à la société absorbante (art. 209 II du CGI).
Dans ces situations, les déficits accumulés ne peuvent plus être imputés sur les bénéfices futurs. Ils sont définitivement perdus.
La loi de finances pour 2025 a introduit une limitation temporaire du report en avant pour les déficits supérieurs à 2,5 milliards d'euros, applicable aux exercices clos en 2025 et 2026.
Cette mesure, qui vise à renforcer la contribution budgétaire des grandes entreprises à l'effort national, ne concerne que les très grandes structures et ne modifie en rien les règles applicables aux TPE et PME.
Le fonctionnement du déficit reportable est encadré par des règles précises : plafond de 1 million d'euros majoré, formulaires spécifiques, ordre d'imputation chronologique. En pratique, gérer seul ce mécanisme expose à des erreurs qui peuvent coûter cher. Un déficit mal reporté, une case oubliée dans la liasse fiscale, et c'est une perte fiscale définitivement perdue.
La démarche est d'autant plus complexe que chaque régime fiscal a ses propres règles : les sociétés soumises au taux normal de l'IS n'ont pas les mêmes obligations déclaratives qu'un exploitant agricole ou une profession libérale.
Avec Clementine, votre expert-comptable dédié prend en charge :
La détermination de votre résultat fiscal et de vos déficits reportables ;
Le choix entre report en avant et carry-back selon votre situation ;
La mise à jour de votre liasse fiscale à chaque clôture ;
L'optimisation de l'imputation pour réduire votre charge d'IS au maximum.
👉 Clementine.fr accompagne plus de 20 000 entrepreneurs au quotidien. Découvrez nos offres à partir de 75 € HT/mois et bénéficiez d'un expert-comptable dédié, disponible et réactif.
Rédigé par :
Fort de 8 ans d’expérience en gestion comptable et management, Benjamin partage sa vision opérationnelle pour optimiser les processus et la performance des organisations.
Simplifiez votre compta avec un expert-comptable à vos côtés
Se faire accompagner

Votre compte de résultat affiche un bénéfice, mais vous ne comprenez pas d'où vient votre performance ? C'est souvent le signe que le résultat net seul ne suffit pas à piloter une entreprise. Les soldes intermédiaires de gestion apportent une lecture plus fine : ils décomposent la formation du résultat étape par étape, de la marge commerciale à l'EBE, pour identifier précisément où se créent et où se perdent vos richesses.
11 min

À la clôture d’un exercice, une entreprise peut devoir prendre en compte des intérêts qui n’ont encore été ni payés ni encaissés. Pourtant, ces montants ne peuvent pas être ignorés : ils doivent être rattachés à la bonne période comptable. Ce sont les intérêts courus.
9 min

Les opérations diverses (OD) sont indispensables au bon fonctionnement de la comptabilité d’une entreprise, mais leur rôle reste souvent méconnu. Utilisées pour enregistrer certaines écritures spécifiques, elles contribuent à produire des comptes fiables et conformes aux règles comptables.
6 min